L’association Stonewall se scinde sur la question transgenre, un collège toulousain est accusé de couvrir un viol collectif, Jonathan Yaniv perd son procès contre les esthéticiennes dans l’affaire de la cire

En France

La direction du collège Lamartine à Toulouse est accusée d’avoir couvert une affaire de viol en réunion sur une adolescente de 14 ans en mars dernier. Selon des associations syndicales, la hiérarchie aurait volontairement caché les faits à la famille, aux parents d’élèves, et au reste du personnel éducatif. Une vidéo des faits a notamment circulé sur les réseaux sociaux. Depuis, trois élèves entre 14 et 16 ans ont été mis en examen. Un rassemblement a eu lieu le 4 novembre devant l’établissement.

La philosophe Sylviane Agacinski devait participer à une conférence à l’université de Bordeaux sur la reproduction humaine. Opposée à la PMA et la GPA, Agacinski devait s’exprimer sur les nouvelles techniques de reproduction et leur marchandisation. Après avoir reçu des menaces à l’intention de la philosophe, l’université a décidé d’annuler l’évènement.

Dans une enquête de Mediapart, l’actrice Adèle Haenel accuse le réalisateur Christophe Ruggia de harcèlement et d’attouchements sexuels quand elle était mineure lors du tournage du film Les Diables. Elle a annoncé ne pas vouloir porter plainte. Néanmoins, le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Le Collège national des gynécologues et des obstétriciens français (CNGOF) a reconnu les violences obstétricales et gynécologiques dénoncées en masse par les femmes sur les réseaux sociaux il y a deux ans. Il admet que les professionnels ont “été trop centrés […] sur les organes et la maladie, pas assez sur le savoir-être”. Un label qualité a été pensé pour les maternités, qui seront jugées sur 12 critères de prise en charge.

Dans le monde

L’association caritative LGBT Stonewall, créée en 1969 suite aux émeutes de Stonewall aux États-Unis, et dorénavant la plus grande association de défense des homosexuels en Europe, s’est divisée pour cause de conflits sur la question de l’identité de genre. Une nouvelle organisation, LGB Alliance, a été créée avec le soutien notable de Simon Fanshaw, le co-fondateur de Stonewall, pour « contrer la confusion entre sexe et genre qui se répand dans le secteur public et ailleurs ». Kate Harris, une ancienne bénévole de l’association, rapporte au journal britannique The Telegraph :

La différence majeure est que les lesbiennes, les homosexuels et les bisexuels ont en commun notre orientation sexuelle, qui n’a rien à voir avec le fait d’être trans. Nous acceptons de soutenir toutes les personnes (homosexuelles, hétérosexuelles, ou trans) du moment qu’elles soutiennent notre engagement en faveur de la liberté d’expression et des définitions biologiques du sexe. Nous sommes donc une association variée et tolérante. On nous accusera d’être transphobes, mais c’est faux.

Au Canada, Jonathan (Jessica) Yaniv, l’homme qui avait porté plainte contre 16 esthéticiennes pour lui avoir refusé une épilation brésilienne, qu’il exigeait en vertu de son « identité de genre », a perdu son procès. La juge a estimé que les plaintes n’étaient motivées que par l’appât du gain en attaquant des petits commerces et par « la volonté de punir des groupes ethniques que [Yaniv] perçoit comme hostiles aux LGBT ». En outre, ses multiples mensonges et tentatives de manipulation tout au long de l’affaire ont été soulignées. Il devra indemniser les accusées de 2 000 dollars canadiens chacune.

La journaliste Meghan Murphy a fait l’objet d’un harcèlement médiatique et politique suite à l’annonce de son invitation par la bibliothèque publique de Toronto (Toronto Public Library) le 29 octobre dernier dans le cadre d’un débat sur la question du sexe et de l’identité de genre. Des centaines de personnes ont protesté devant la bibliothèque le jour de l’évènement. Le maire de Toronto, John Tory, s’est dit « déçu » suite à la décision de la gérante et bibliothécaire Vickery Bowles de maintenir l’évènement, qui a fait salle comble, en accord avec le principe de la libre expression.

En Angleterre, les hommes condamnés pour viol qui ne désirent plus être identifiés au sexe masculin ont l’autorisation d’être inscrits dans les fichiers des forces de l’ordre en tant que femmes. Cette information, réclamée par l’association Fair play for Women (FPW), a été confirmée par les forces de police de nombreuses régions. Le Conseil national des commissaires de police (CNPP) a déclaré que « l’inscription du sexe dépend individuellement de chaque force » mais que « de manière générale, nous acceptons les indications qui nous sont données par un individu et nous les traitons ensuite comme il se doit. » Nicola Williams, directrice de FPW, a déclaré au Sunday Times :

« Il n’y a pas de crime plus masculin que le viol. Il serait très insultant qu’une femme ayant été violée se voie inscrire sur sa déposition qu’elle a été attaquée par une femme alors qu’il s’agit selon toute évidence d’un homme avec un pénis. »