Un tribunal canadien doit décider si une femme a le droit de refuser de manipuler les parties génitales d’un homme

Les progressistes auto-proclamés avaient été nombreux à condamner sur Facebook le soutien d’Osez le Féminisme à Meghan Murphy, féministe canadienne qui, en 2017, s’est opposée à une loi qui fait maintenant de l’identité de genre un motif de discrimination au Canada. OLF avait traduit le discours de Murphy devant le Sénat canadien, où elle avertissait des dangers que pose ce genre de lois pour les femmes. Aujourd’hui, en France, de nouveaux projets de loi ont pour objectif de protéger ce concept qui, pour faire simple, postule qu’un individu peut s’identifier à un homme ou une femme non pas selon son sexe mais selon son bon vouloir.

Cette idée de soi comme appartenant au sexe opposé ne repose sur aucune réalité biologique. Pourtant, dans de nombreux pays avancés, l’ensemble des associations LGBT et de nombreux collectifs féministes défendent ce concept bec et ongles, exigeant que la loi s’y conforme. Ainsi, si un homme se perçoit comme une femme, il est exigé non pas seulement que monsieur soit appelé madame, mais que toute la société se persuade que monsieur est une vraie madame. Sans autre défense que le simple fait de « savoir », au plus profond de son être, qu’on est une femme. Mais à vouloir jouer les alliés de la bonne cause, le Canada se retrouve aujourd’hui face à ses propres contradictions, deux ans après le vote de sa loi visant à protéger l’identité de genre des individus. En ce moment même, un tribunal canadien doit décider s’il est légal pour une femme de refuser d’épiler les parties génitales d’un homme qui « se sent femme ».

Car selon la logique du concept, un pénis et des testicules appartenant à un homme prétendant être une femme sont en réalité un pénis et des testicules de femme. On est une femme parce qu’on le dit et le reste n’a pas d’importance. Voilà ce que dit la loi. C’est donc pour discrimination au motif de l’identité de genre que Jonathan Yaniv, homme non-opéré se faisant appeler Jessica Yaniv, à saisi le Tribunal des droits de la personne en Colombie Britannique pour poursuivre 16 femmes qui ont refusé de lui faire une épilation brésilienne. C’est le Post Millenium qui, en novembre 2018, a révélé l’affaire. En juin 2018, Devyn Cousineau, membre du Tribunal des droits de la personne de Colombie Britannique, avait interdit la publication du nom de Yaniv en relation à l’affaire, jugeant qu’en tant que « femme transgenre », il était susceptible de recevoir des menaces et de faire l’objet d’une campagne de harcèlement. Yaniv était alors mentionné dans les médias sous les initiales JY. L’interdit a été levé en juillet cette année et les détails sordides de l’affaire émergent enfin.

Les audiences ont commencé le 5 juillet. Jonathan « Jessica » Yaniv se représente lui-même pour faire valoir son « droit » à se faire épiler les parties génitales par des femmes qui, pour la plupart, sont des immigrées aux situations financières précaires ne maîtrisant pas bien l’anglais. Selon Yaniv, leur comportement s’apparente au néo-nazisme et il réclame des dommages et intérêts entre 500 et 15 000 dollars canadiens par accusée. Certaines plaintes ont été abandonnées suite à des accords conclus « à l’amiable » et de manière « très respectueuse » selon Yaniv (probablement surtout très coûteuse). On sait qu’au moins une d’entre elles a dû mettre un terme à son affaire suite à la plainte dont elle fait l’objet. Plusieurs travaillent seules chez elles ou se déplacent aux domiciles de leurs clientes.

Ce profil spécifique pourrait passer pour une coïncidence si Yaniv n’avait pas, par le passé, publié sur Facebook que les immigrés sont des gens qui « ne sont pas très propres », « qui mentent », « qui ne soutiennent que les leurs et cherchent à rendre la vie dure aux autres ». Et d’affirmer que s’il a rejoint un club de gym féminin, c’est parce les femmes immigrées n’y seraient pas car elle refusent de porter des vêtements de sport. Autrement dit, les femmes immigrées sont trop superficielles pour aller faire du sport. Sur Twitter, Yaniv se défend d’accusations d’agressions sexuelles en appellant à la déportation des immigrés qui commettent « des crimes contre les citoyens canadiens », ainsi qu’à la suspension de leur activité professionnelle. En d’autres termes, ces immigrées puantes qui refusent de lui tâter le poireau n’ont que ce qu’elles méritent.

Bien d’autres femmes ont été victimes de ce personnage grotesque. Yaniv est en partie responsable du bannissement Twitter de Meghan Murphy, ce dont il s’est vanté lors d’un conseil municipal de la ville de Langley durant lequel il a proposé des mesures pour la cause LGBT, dont des poursuites judiciaires contre Murphy pour ses « crimes de haine ». Il est aussi responsable du bannissement de la militante Lindsay Shepherd. Après la naissance de son enfant, Shepherd a reçu de Yaniv ces voeux de bonheur : « Au moins, ma chatte est serrée et ne baille pas après avoir expulsé un bébé de 4 kg. C’est génial pour les vibromasseurs et les godes @lelo_official et le plaisir est incroyable ! D’ailleurs, faut que je laisse une évaluation ! ». Non-opéré de son propre aveu, Yaniv n’a visiblement pas suivi ses cours d’anatomie s’il en vient à prendre son anus pour une « chatte ». Il a ensuite attaqué la militante en se moquant d’une anomalie rare de l’utérus dont elle est atteinte : « J’ai entendu dire que @realDonaldTrump est en train de construire un mur dans ton utérus alias ton ‘anomalie reproductive’ j’espère que le mur fonctionnera comme il se doit. » Shepherd a été définitivement bannie après lui avoir tenu tête, ce dont il s’est aussi félicité. Mais l’indignation de l’opinion publique a incité Twitter à débloquer le compte de Shepherd le 27 juillet.

Cette farce judiciaire est d’autant plus scandaleuse que Yaniv est fortement soupçonné d’actes pédophiles. Des dizaines et des dizaines de discussions web révèlent chez Yaniv une obsession pour le corps des pré-adolescentes. Dans ces conversations perturbantes, Yaniv exprime le souhait de se « lier » aux jeunes filles dans les toilettes et les vestiaires en échangeant des protections hygiéniques et en les « aidant » à insérer leur tampon. Notamment, il demande à une de ses interlocutrices si, quand les filles se changent, on peut voir « des nichons et des chattes » à l’air et commente la taille des ficelles de tampons qui peuvent dépasser de la culotte. Les captures d’écran nous apprennent que Yaniv aborde fréquemment des mineures qu’il manipule tout en se faisant passer pour leur ami.

Une jeune femme du nom de Jessica Rumpel a ainsi raconté au Post Millennial la prédation dont elle a fait l’objet entre 2014 et 2015, lorsqu’elle avait encore 14 ans. Yaniv, né en 1987, avait donc aux alentours de 27 ans. « Au début, j’ai cru qu’il avait des problèmes mentaux, » raconte-t-elle pour expliquer pourquoi elle ne s’est pas méfiée immédiatement. Mais les discussions qu’elle aura avec Yaniv la mettront de plus en plus mal à l’aise au fil du temps. À aucun moment il ne s’identifiera comme une femme transgenre durant leurs échanges. Yaniv lui confie qu’il utilise des serviettes hygiéniques (pour cause d’incontinence, explique-t-il parfois à ses contacts) et lui demande comment s’infiltrer dans les toilettes pour femmes sans être repéré. Plus tard, il lui demandera de prendre en photo un de ses tampons usagés. Il lui envoie des photos de lui en « jeans de fille » pour lui demander si ça lui va bien. Ses messages contiennent de plus en plus de sous-entendus à caractère sexuel. Il fait comprendre à Rumpel qu’il est sexuellement excité par elle et qu’il la trouve très belle. Il lui donne le surnom grossier de « Reine Nibard » [Titty Queen en anglais] et exprime sa hâte de voir la jeune fille fêter son seizième anniversaire car pour le moment il « ne peut encore rien faire avec elle ». Dans des messages vocaux qu’il lui envoie sur Facebook, Yaniv prend la voix du personnage d’Elmo dans la série télévisée de marionnettes Sesame Street. Dans ces enregistrements, on peut entendre « Elmo veut baiser », « Elmo aime la chatte » et, plus étrange encore, « Je t’aime Jess Rumpel. Tes seins bougent de haut en bas, de haut en bas, de haut en bas ! ». Rumpel décidera de prendre ses distances, lui répondant de plus en plus froidement, jusqu’à ce que d’autres jeunes filles prises pour cible par Yaniv ne finissent par l’avertir. Rumpel a décidé de couper les ponts. Après son témoignage au Post Millennial, elle a rapporté son expérience à CyberTip, une plateforme canadienne de renseignements sur l’exploitation des enfants.

Par la suite, deux autres femmes ont pris la parole auprès du Post Millennial. Et leurs récits sont encore plus glaçants. Ashley Smith (le nom a été modifié par le journal) raconte qu’elle avait 14 ans quand elle a rencontré Yaniv sur un groupe Facebook réunissant des fans d’un groupe de musique composé de six soeurs adolescentes, les Cimorelli. Selon elle, Yaniv se faisait passer pour le manager du groupe pour se rapprocher de leurs jeunes fans. En réalité, les Cimorelli lui déléguaient des tâches sans grande importance comme la modération des contenus indésirables. Smith a fourni au Post Millennial une photo du groupe en compagnie de Yaniv qu’il utilisait, dit-elle, pour « montrer aux filles qu’il connaissait les Cimorelli ». Quand Yaniv l’a contactée, elle explique : « J’étais toute excitée. Je pensais que je tenais ma chance de les rencontrer. » Il avait notamment promis à Smith de parler d’elle à ses idoles. « [Yaniv] était très stratégique. [Il] savait que les fans du groupe sauteraient sur la moindre occasion de les rencontrer ou de se rapprocher d’elles. C’était exactement ce que je voulais. » Elle confirme que Yaniv la « menait par le bout du nez ».

Un conflit émerge avec Louise, une fan française, que Yaniv harcèlera pendant des mois. Elle explique en anglais son calvaire avec cet homme sur son site web ainsi que dans un entretien avec le Youtubeur Benjamin Boyce. La raison de la colère de Yaniv ? Il n’a pas apprécié que Louise corrige ses erreurs de langue dans un texte en français qu’il a écrit sur Facebook. Louise exprimera ses frustrations face au comportement de Yaniv auprès d’une amie. Il parviendra alors à convaincre une fan de 12 ans d’obtenir le mot de passe du compte de cette amie pour prendre des captures d’écran de la conversation, qui seront ensuite publiées sur le groupe Facebook des fans de Cimorelli, qui comptabilise à ce moment entre 400 et 500 membres. Yaniv les incite à envoyer des messages insultants à Louise, qui explique : « Les fans étaient timides et jeunes. Ils me traitaient de haineuse ou de connasse et passaient à autre chose. Ils pensaient que [Yaniv] était très proche des filles Cimorelli donc ils avaient l’impression qu’il était de leur devoir de le défendre. » Yaniv encouragera Ashley Smith à participer au dénigrement de Louise et même à mentir pour lui. 

À la jeune fille de 14 ans, il pose les mêmes questions qu’à Jessica Rumpel sur les protections hygiéniques. Il l’interroge sur la manière de demander une serviette à une jeune fille s’il se retrouve par exemple « à une station de bus » et que, sans prévenir, « ça coule sur [sa] jambe ». Quelques jours plus tard, il lui envoie ce message : « BERK PUTAIN JE VIENS DE TOMBER SUR DU PORNO INFANTILE BEERK j’ai cliqué sur un lien sur [Facebook] » puis, deux messages plus loin, lui demande si elle « veut voir ».

Comme à Rumpel, il confie à Smith que, eût-elle été âgée de 16 ans, il aurait aimé avoir des relations sexuelles avec elle, lui demande si elle le trouve attirant et si elle pourrait sortir avec un homme qui porte des serviettes hygiéniques. Selon le récit de Louise, Yaniv faisait croire à plusieurs personnes qu’il sortait avec une autre fille du groupe, âgée de 16 ans, qui le connaissait à peine en réalité. Si Yaniv insiste tant sur ce nombre, c’est parce que la loi canadienne fixe le consentement sexuel à 16 ans. La fausse droiture morale qu’il exhibe pour manipuler son audience ne sert cependant qu’à rehausser la gravité de ses agissements. On ne peut que se demander quelle est l’ampleur exacte de ses crimes sexuels sur les mineurs.

La diffusion de pornographie infantile en est un. Louise en rapporte un autre : elle affirme que, pour décourager la création de faux comptes au nom du groupe Cimorelli, Yaniv envoyait des photos de ses parties génitales, tout en sachant que les personnes derrière ces comptes étaient sans aucun doute des mineurs. Mais ce n’est pas tout. En juin dernier, Yaniv et sa mère, Miriam Yaniv (qui le soutient envers et contre tout), se sont invités à l’hôtel où résidaient des petites filles qui se préparaient pour un concours de beauté. Sur Twitter, l’organisatrice lui a fait savoir qu’il était « inapproprié » de prendre les filles en photos et que si Yaniv s’approchait encore d’elles, elle appellerait la police. Yaniv lui a répondu sur un autre compte Twitter que celui qu’il utilise habituellement, @trustednerd. Ce deuxième compte, @Jessica_Yaniv, ne paraît plus être utilisé. Ensuite, cet été, Yaniv a voulu créer une activité piscine à destination de la jeunesse LGBT accueillant des enfants de 12 ans et plus qui pourraient être « topless » et où les parents et les accompagnateurs seraient interdits pour « la sécurité des participants ».

Requête officielle au Conseil municipal de la ville de Langley pour obtenir l’autorisation d’organiser des activités de piscine réservées aux enfants, avec interdiction pour les parents et les éducateurs de participer dans une mesure de « sécurité » et « d’inclusivité ».

Sur son compte Twitter, Yaniv blâme les « anti-LGBT » pour l’échec de son projet de piscine jeunesse « pour tous les types de corps ».

« Je ne peux pas croire que [le projet] a été annulé à cause de menaces des anti-LGBT. Ces gens sont affreux ! »

Non content de se faire passer pour un grand défenseur des droits LGBT, Yaniv raconte aussi qu’il a une grosse tumeur au cerveau. Cette tumeur, qui « s’étend » et qui le tuera probablement, dit-il, dans l’année, devrait être retirée lors d’une opération courant 2020 voire fin 2019 s’il « a de la chance ». Les médecins ne sont visiblement pas pressés.

« J’aurai de la chance si je vis encore un an, honnêtement. C’est stressant mais c’est la vie. »

Quand Rumpel était en contact avec lui, Yaniv lui racontait déjà qu’il était atteint d’une grave maladie avant de découvrir que son mal était finalement bénin. Depuis cet été, Yaniv se déplace en fauteuil car il serait aussi paralysé. Sur Twitter le 2 juillet, il affirme qu’il « ne sent pas le bas de son corps » et qu’il ne peut pas marcher (on ne sait pas si c’est dû à la tumeur cérébrale ou à un sortilège vaudou).

On le voit pourtant parfois gambader sans trop de difficultés. Le 26 juillet, au tribunal, Yaniv a trouvé la force de s’extraire de son fauteuil-scooteur pour insulter un journaliste qui le sollicitait. Il a menacé de l’asperger de gaz lacrymogène, a déclenché l’alarme incendie de l’ascenseur et appelé les urgences.

Parmi les plus absurdes de ses sorties, Yaniv s’identifie évidemment comme une lesbienne et affirme pouvoir tomber enceinte mais refuse d’expliquer comment ce miracle est biologiquement possible : « Je n’ai pas envie d’en discuter pour le moment ». En effet, il prétend durant une audience non seulement avoir des organes génitaux masculins mais aussi « d’autres choses » qui seraient « à l’intérieur » de lui car, coup de théâtre, il est intersexué. C’est la défense qu’il prend quand on lui fait remarquer qu’il n’a jamais démenti avoir des parties génitales masculines auprès des esthéticiennes dont il a réclamé les services.

Par exemple, dans une conversation avec une des accusées, Yaniv se contente d’affirmer être une femme transgenre et demande si cela pose problème. L’esthéticienne lui répond qu’elle ne sait pas ce qu’est une personne transgenre et qu’elle ne se sent pas à l’aise car la photo de profil de Yaniv indique fortement qu’il est de sexe masculin. Ce à quoi Yaniv réplique agressivement qu’elle n’a pas le droit de lui refuser ses services : « Ce n’est pas bien et je ne suis pas d’accord. Y a un truc qui s’appelle le Code des droits de la personne en Colombie Britannique qui dit qu’on ne peut pas discriminer les gens pour leur identité de sexe ou de genre. T’en es consciente, j’espère ? ». Déconcertée, l’esthéticienne répond le plus honnêtement possible : « Désolée, je ne veux pas être impolie ou quoique ce soit mais je ne me sens juste pas à l’aise de faire ça et je sais que vous avez le droit c’est juste que vous êtes un homme devenu femme mais vous êtes quand même un homme mais en femme. »

Au passage, Yaniv ne se prive pas de partager son expertise médicale personnelle en faisant la promotion des traitements hormonaux sur mineurs qui, selon lui, peuvent véritablement changer le sexe d’un individu s’ils sont administrés très jeunes. Mais il certifie qu’ils sont aussi « entièrement réversibles ». C’est à se demander comment ce génie n’a pas encore trouvé de remède à sa tumeur cérébrale. Il était sans doute trop occupé à récolter des fonds pour participer au concours de beauté de la Colombie Britannique, Miss BC. Il n’a pas gagné, des fois que vous vous poseriez la question.

« Je suis une lesbienne fière. Je ne cesserai jamais de me battre pour les droits humains. »

Yaniv nie toutes les accusations à son encontre et demande à ce qu’il soit de nouveau interdit d’utiliser son nom dans les médias. Il continue de faire sauter le plus de comptes Twitter possibles quand il est publiquement critiqué. Il prétend que les preuves de ses agissements ont été montées de toutes pièces, et que de nombreux faux comptes à son nom circulent sur internet. Il en sait quelque chose, ayant lui-même créé des dizaines de faux comptes pour publier des messages de soutien à sa propre personne. Ces comptes ont été créés cet été et au moins une des photos de profil utilisées a été retrouvée sur un site générateur de photos de profil.

« Merci @trustednerd pour ton militantisme, au nom de toute la communauté LGBT. Tu es une femme courageuse et nous te remercions tous de prendre position pour nos droits humains !! #LGBTQ nous sommes un peu plus en sécurité chaque jour grâce à toi ! Les droits transgenres sont des droits humains ! »

Il a aussi des milliers d’abonnés inactifs, vraisemblablement des comptes achetés pour donner l’illusion d’une certaine popularité médiatique. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il se donne de la peine.

Les audiences se sont terminées hier 30 juillet. La juge a déclaré que le jugement sera rendu en Novembre. Ce à quoi Yaniv s’est fendu d’une petite blague : « J’espère que vous me ferez un cadeau de Nöel ». À ce jour, aucun grand média n’a assisté aux audiences ni ne s’est exprimé sur l’affaire, si ce n’est, tardivement, le Guardian, et tous ceux qui couvrent l’affaire sont plutôt de droite. Une internaute Twitter qui a assisté aux audiences les a retranscrit en temps réel. Elle est, semble-t-il, la seule à l’avoir fait. Les médias de gauche qui se targuent d’être progressistes et ne perdent habituellement pas de temps à sauter sur tout ce qui s’apparente de près ou de loin à la cause LGBT restent muets. Après tout, ils ont été les premiers à soutenir les revendications du mouvement LGBT qui exige qu’on laisse les individus « s’autodéterminer » et que l’identité de genre devienne un motif de discrimination réprimé par la loi. L’affaire de la cire, comme on l’appelle, est une conséquence directe de ces mesures. De nombreuses féministes l’avaient prédit. Elles n’ont pas été écoutées. Elles ne sont toujours pas écoutées. Si le Canada ne met pas fermement un terme à cette mascarade, si la justice décide que les femmes ne peuvent refuser de toucher les parties génitales d’un homme, alors le Canada ne pourra plus se revendiquer comme un pays des « droits de la personne ».

Malheureusement, le déshonneur est déjà sur les Canadiens. Car il est révoltant qu’une telle affaire puisse être tenue dans un tribunal chargé de faire valoir les droits de l’être humain, à l’heure où de véritables crimes contre l’humanité sont commis partout dans le monde. Quand les femmes sont excisées, les homosexuels pendus et torturés, les enfants vendus et exploités, c’est à se demander de quel niveau de confort on peut jouir dans nos sociétés avancées au point de laisser un homme attaquer en justice des femmes qui refusent de lui toucher le pénis. Il est urgent de se demander quel monde on est en train de créer, et si on sait encore ce que signifient les mots « justice » et « droit ».