Loi prostitution déclarée constitutionnelle, fermeture de la maternité de Creil, une adolescente violée en réunion, première condamnation au Royaume-Uni pour l’excision d’une petite fille, une chaîne pour adolescents enseigne aux filles comment prendre des « sexfies »

En France

Le Conseil constitutionnel a confirmé la constitutionnalité de la loi prostitution de 2016, qui est donc maintenue malgré une campagne acharnée pour la voir abolie. Le déroulement de l’audience est disponible sur la chaîne YouTube d’Osez le Féminisme.

Le personnel du centre hospitalier de Creil s’oppose à la fermeture de sa maternité depuis la confirmation de son transfert à Senlis, alors que l’accès à cette ville est très difficile pour la population de Creil. Le personnel est en grève depuis mardi 29 janvier, après avoir pu empêcher le déménagement du matériel de la maternité vers Senlis la veille. Une des figures de la résistance, le médecin et chef des urgences Loïc Pen, avait démissionné le 24 décembre dernier. Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard, en tête de liste du PCF, se rendront à la maternité lundi prochain pour le rencontrer.

Une jeune fille de 13 ans a été violée par six adolescents dans les parties communes d’un immeuble, en décembre et en janvier dernier. Ils ont été mis en examen pour viol en réunion.

Jeremy Tiberghien, condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol et le meurtre de Catherine Gardère, avait fait appel de sa condamnation en 2017. Sa condamnation a été réitérée.

L’élection du conseil municipal de Sarcelles a été annulée au prétexte de non respect de la parité. Huit femmes avaient été élues contre six hommes.

Un homme a été condamné à 18 mois de prison, dont 9 avec sursis, pour avoir prostitué sa belle-fille, âgée de 17 ans au moment des faits. Il avait installé une caméra dans la chambre où se déroulaient les abus : 775 vidéos ont été saisies. L’homme prostituait également sa conjointe, qui a écopé de 15 mois de prison avec sursis pour complicité.

Le club de rugby de Carcassonne sera sponsorisé par le site pornographique Jacquie et Michel, dont les pratiques abusives et illégales ont récemment à nouveau été dénoncées par Robin D’Angelo.

Des femmes ont porté plainte à la suite de cancers dus à des prothèses mammaires de la marque Allergan. Les modèles en cause sont interdits de commercialisation et d’implantation dans l’Union européenne depuis décembre 2018 selon une décision de LNE/G-Med (organisme français de certification des dispositifs médicaux).

Dans le monde

Au Mexique, des femmes ont manifesté pour protester contre des tentatives d’enlèvement dans le métro. On estime que neuf femmes par jour sont assassinées dans le pays.

Un hashtag faisant la promotion du voile, #HijabDay, a vu le jour sur Twitter. En réponse, des femmes ont créé le hashtag #NoHijabDay et #FreeFromHijab où elles publient des photos d’elles-mêmes dévoilées pour dénoncer le caractère misogyne du port du voile.

Au Canada, la chaîne de télévision québécoise VRAK, destinée aux adolescents et jeunes adultes, a suscité l’outrage en publiant sur son site un article sur la façon de réaliser une « sexfie » (une photo érotique de soi-même) « sans ruiner [sa] réputation ». La chaîne est principalement regardée par un public très jeune, et donc de nombreuses filles mineures, à qui l’article conseillait : « Dévoile ton corps progressivement plutôt que d’envoyer une photo de toi entièrement dénudée. Dessous ou côté de la poitrine (sideboobs), tenue de plus en plus légère, jeux d’ombre et de lumière, vêtements semi-transparents… soi[s] créative ! » La chaîne a supprimé l’article, arguant qu’il était destiné aux 18-35 ans.

Au Royaume-Uni, une femme a été reconnue coupable de mutilations génitales sur sa fille de trois ans. Née en Ouganda, où les mutilations génitales féminines, récemment en forte hausse, sont pratiquées par tradition et superstition malgré leur interdiction légale depuis 2010, la mère pratiquait des rites qualifiés de « sorcellerie » par les policiers. Elle utilisait entre autres des citrons et des langues de boeuf pour créer des sortilèges dans le but d’éloigner la police et les services sociaux.

Une enfant de 12 ans victime de viol, originaire d’Irlande du Nord, a dû se rendre en Angleterre pour avorter, escortée de policiers qui devaient se saisir des preuves. En Irlande du Nord, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de danger grave pour la santé mentale et physique de la mère. Douze avortements ont eu lieu légalement l’an dernier, mais on estime que sur la même période, plus de neuf-cent femmes ont voyagé vers l’Angleterre et le Pays de Galles pour y avoir recours.