Droits parentaux pour les violeurs, l’échec du « quartier rouge » de Leeds, Meghan Murphy bannie de Twitter, nouvelles accusations contre Tariq Ramadan et Luc Besson, des militantes torturées en Arabie Saoudite

Au Royaume-Uni, la justice accorde aux hommes des droits parentaux sur les enfants qu’ils ont engendrés par un viol. Des mères contraintes de partager la garde de leur enfant avec leur violeur dénoncent cet abus juridique. Une partie de ces femmes sont des survivantes de grands réseaux pédophiles, comme le réseau pédophile de Telford. Sammy Woodhouse, victime du réseau pédophile de Rotherham, en a publiquement appelé au gouvernement pour enrayer ce système.

Toujours au Royaume-Uni, la ville de Leeds a en 2016 délimité une zone de prostitution libre dans le quartier de Holbeck. Aujourd’hui, les dangers et les dérives de cette initiative sont dénoncées. De nombreux mineurs se voient proposés de vendre des actes sexuels dans la rue, alors mêmes qu’ils sont parfois en compagnie de leurs parents. Une grand-mère s’est vue proposer de vendre son petit-fils de quatre mois à un homme pour une heure et un enfant de douze ans rapporte avoir été témoin du viol d’une femme en pleine journée. Un des politiciens responsables de la création de ce « quartier rouge » a admis que l’expérience avait été un échec : les femmes sont toujours violentées et les résidents déplorent de plus en plus d’actes sexuels et de consommation de drogues en public. Les rues sont jonchées de préservatifs usagés et de seringues et les dérives gangrènent progressivement les quartiers avoisinants. Les autorités de Leeds seraient en train de ré-évaluer la situation.

Deux hommes ont été jugés pour proxénétisme aggravé de mineures dans des hôtels partout en France. Le réseau fonctionnait via des annonces sur internet. L’enquête avait été lancée à la suite de l’agression par balles d’une mineure prostituée de quatorze ans.

La féministe Meghan Murphy, créatrice du site canadien Feminist Current, a été bannie après plusieurs suspensions de compte par Twitter pour avoir utilisé des pronoms masculins pour identifier Jonathan Yaniv, l’homme trans-identifié qui intente un procès à seize esthéticiennes pour avoir refusé d’épiler ses parties génitales. Après le bannissement de Murphy, Twitter a introduit de nouvelles conditions d’utilisations selon lesquelles il est interdit de « mégenrer » une personne trans ou de mentionner son nom de naissance.

Médiapart a rapporté les témoignages de cinq femmes victimes d’agressions sexuelles par Luc Besson. En mai dernier, une femme portait déjà plainte pour viol. Trois autres femmes qui ont travaillé avec Besson ont témoigné de ses comportements déplacés.

Quatre anciennes élèves de Tariq Ramadan ont témoigné d’abus sexuels par ce dernier alors qu’elles étaient mineures, entre 1980 et 1990. Depuis la première plainte de Henda Ayari en 2017, de nombreuses femmes ont pris la parole pour dénoncer les abus de Ramadan. Plus de sept cent images pornographiques ont été saisies sur ses appareils personnels. Mi-novembre, Ramadan a été remis en liberté provisoire après dix mois de détention mais est toujours mis en examen.

Des féministes saoudiennes arrêtées en mai dernier pour avoir milité pour les droits des femmes ont été torturées aux moyens de chocs électriques et de coups de fouet et ont aussi subi des abus sexuels, rapporte Amnesty International. En août dernier, une femme était condamnée à mort pour avoir manifesté et milité en faveur des droits humains, chose interdite en Arabie Saoudite. Sa deuxième audience, qui devait se tenir le 25 octobre dernier, a été annulée et reportée fin novembre mais le Gulf Center for Human Rights, une organisation militant pour les droits humains dans la région du Golfe, rapporte qu’Israa Al-Ghomgham n’était pas présente lors de cette troisième audience. Toujours selon le GCHR, sa santé mentale et physique se détériore gravement. Une nouvelle audience devrait se tenir le 13 janvier 2019. Toujous en Arabie Saoudite, des femmes se sont mises à porter leur abaya, une tenue recouvrant intégralement leur corps, à l’envers, pour protester contre le port obligatoire de cette tenue.

Au Salvador, une femme risque vingt ans de prison pour avoir tenté d’avorter après un viol. L’agresseur n’est autre que son beau-père de soixante-dix ans, qui la violait depuis l’âge de douze ans et est actuellement emprisonné. Le procès d’Imelda Cortez a été reporté au 17 décembre prochain. Elle a été dénoncée à la police par les médecins de l’hôpital où elle a donné naissance à l’enfant et est en détention depuis plus d’un an. L’avortement est entièrement interdit dans le pays,  même en cas de viol et de danger pour la santé de la mère.

Georges Tron et son ex-adjointe Brigitte Gruel ont été acquittés des faits de viol et agressions sexuelles dont ils étaient accusés par deux employées de la mairie de Draveil entre 2007 et 2011. La cour d’assises estime qu’il « n’a jamais été rapporté la preuve d’une contrainte ».

En Irlande, à Cork, un homme a été acquitté après avoir violé une jeune fille de dix-sept ans. L’avocate de la défense a évoqué le string en dentelle que portait la victime pour prouver qu’elle avait consenti au rapport sexuel.  La députée Ruth Coppinger a dénoncé le procès au parlement en brandissant un string en dentelle, puis a incité les femmes a protester, ce qu’elles ont fait en publiant des photos de leurs sous-vêtements sous le hashtag ThisIsNotConsent.

En Corée du Sud, des femmes détruisent leur maquillage et se coupent les cheveux pour protester contre les très lourdes injonctions à la beauté dont elles sont accablées. Le simple fait de porter des lunettes et d’avoir les cheveux courts est perçu comme contraire à la féminité.