Une femme victime d’abus sexuels dépose plainte contre un foyer pour femmes après avoir été forcée de partager sa chambre avec une femme trans

Kristi Hanna, une femme ayant été victime d’abus sexuels et combattant une addiction à l’alcool et à la cocaïne, était prise en charge par un foyer pour femmes à Toroto, au Canada, géré par le Jean Tweed Centre. Après avoir été placée dans une chambre avec une femme trans, un homme non-opéré qui s’identifie comme une femme, Kristi a demandé des conseils d’ordre juridique au foyer qui l’accueillait pour faire valoir ses droits. Le foyer ne lui a proposé qu’une chambre qui, parce que placée près d’une sortie de secours, ne se ferme pas à clé. Après avoir évoqué son intention de se tourner vers la justice, le foyer a refusé d’apporter toute autre forme d’aide au prétexte que la plainte de Kristi peut potentiellement faire d’elle l’accusée et non la plaignante, ce qui créerait un conflit intérêts pour le Jean Tweed Centre. Kristi a maintenant déposé plainte auprès de la Commission ontarienne des droits de la personne.

En effet, le Canada reconnaît légalement depuis un an l’identité de genre comme motif de discrimination. L’opposition de la féministe et journaliste Meghan Murphy au Sénat canadien en mai 2017 reposait sur la contradiction du motif de l’identité de genre à celui du sexe, éclatant ainsi toutes les protections dont bénéficient les femmes au profit de l’auto-détermination des individus de sexe masculin. Lors d’une conversation téléphonique enregistrée, le Jean Tweed Centre suggère que la plainte même de Kristi constitue une violation des droits humains et qu’elle pourrait ainsi se retrouver sur le banc des accusés pour avoir décrit la femme transgenre comme un homme, ce pour quoi ce dernier pourrait alors déposer plainte à son tour. Lucy Hume, la directrice du centre, a ré-affirmé son soutien aux femmes trans sous couvert de non-discrimination et d’inclusion.

Au foyer, d’autres femmes ont été extrêmement bouleversées par l’arrivée de la femme trans, et ont lancé une pétition à l’attention du personnel du foyer. En temps normal, raconte Kristi, les hommes ne sont pas acceptés sur la propriété du foyer sans l’accord du personnel et des résidents. Les femmes hébergées n’ont pas été consultées en amont et il n’y a eu aucun débat. L’homme qui s’identifie comme une femme est décrit comme ayant de la barbe, des poils sur le torse, et d’énormes bottes noires de combat bruyantes qui mettent Kristi mal à l’aise. Lors d’un repas, l’homme a évoqué un précédent mariage à une femme ainsi qu’une autre femme à laquelle il était fiancé et qui était enceinte ; il a aussi exprimé sa préférence pour les « femmes latino » et à décrit certaines résidentes du foyer comme étant des « bombes ». Kristi décrit son maniérisme comme grossier et inapproprié. Sur deux nuits, elle a dû partager avec lui une chambre composée de deux lits séparés par à peine deux mètres, ne cessant de regarder par-dessus son épaule pour s’assurer qu’il était toujours dans le sien. Après quoi, elle a quitté le foyer pour aller dormir sur le canapé de divers amis. Cela faisait sept mois qu’elle y était.

Les femmes du foyer sont toutes des survivantes de violences masculines. Comme Kristi, le comportement de cet homme non opéré leur a causé de l’anxiété, des flashbacks traumatiques et des problèmes de sommeil. Une a menacé de se suicider, une autre a été hospitalisée. La loi canadienne qui criminalise le non-respect de l’identité de genre met en danger toutes les femmes qui souhaitent échapper à la violence des hommes et demandent refuge dans des endroits qui leur sont exclusivement consacrés et ce, légalement. Ces foyers ont, à priori, le droit de restreindre leur accès à des femmes uniquement. Mais la loi C-16 ne le permet plus. C’est exactement ce que craignaient Meghan Murphy et toutes les femmes canadiennes qui se sont opposées à cette loi destructrice et misogyne. Les canadiennes n’ont pas fini d’en souffrir les conséquences.