« Je ne suis pas un homme, monsieur » : Arnaud Gauthier Fawas illustre le danger que représente l’identité de genre pour les femmes

Le 29 juin 2018, ARRÊT SUR IMAGE consacre son émission de la semaine au sujet de la Marche des Fiertés et du Pinkwashing. Parmi les quatre hommes invités, l’un d’eux, Arnaud Gauthier Fawas, s’offusque que le journaliste Daniel Schneidermann le désigne comme un homme et affirme qu’il n’est ni un homme, ni une femme mais non-binaire selon son identité de genre et qu’il ne faut pas confondre identité avec expression de genre (son apparence).

Parmi les organismes, deux d’entre eux étaient cosignataires de l’événement « Stop au Pinkwashing ! » qui, sous couvert d’antiracisme, priorisait la question raciale et indigène au détriment de celle de l’orientation sexuelle, qui caractérise la Marche. Ont donc signé le STRASS, association pro-industrie du sexe, représentée sans surprise par un homme, Thierry Schaffauser, et le CLAQ, avec pour porte-parole Gianfranco Rebucini, qui se fait anonymement appeler « Camille », et qui est chercheur en « anthropologie du genre ».

Fawas est rapidement devenu la risée du web. Le problème, c’est que les médias ont eu tôt fait de dépeindre ces réactions comme provenant nécessairement d’extrême-droite et d’homophobes, terrifiés qu’ils sont à l’idée de critiquer un porte-parole de la cause homosexuelle à peine quelques jours après la Marche des Fiertés. Pourtant, le malaise provoqué par cette sortie, de surcroît arrogante et moralisatrice, doit absolument relancer le débat sur l’identité de genre et la méfiance qu’elle doit inspirer, surtout en ce qui concerne les droits des femmes.

Malgré son sexe évident, Fawas insiste que son identité de genre lui permet de s’identifier comme autre chose qu’un homme, occultant que son corps est un marqueur social et qu’il bénéficie de tous les avantages d’être un homme. La supercherie du concept est d’autant plus évidente que son apparence classiquement masculine n’indique aucune « expression » transgressive en termes de masculin et de féminin et qu’il ne réfère à sa personne qu’en recourant à des noms masculins : « Je ne suis pas blanc. (…) Je suis à moitié Libanais. » Difficile d’insérer l’écriture inclusive à l’oral, j’imagine. Pour rester dans la linguistique, il est bon de rappeler que les termes homme et femme ne désignent ni plus ni moins que la réalité (le monde matériel) : les êtres humains adultes de sexe masculin et féminin.

Selon la logique de l’identité de genre, il eût donc suffi à Fawas de s’identifier comme femme pour régler le problème de l’absence des femmes décriée sur le plateau. Aurait-on idée d’inviter quatre hommes pour parler de la santé du corps des femmes (IVG, accouchement, cancer des ovaires, etc) au prétexte qu’ils se sentent femme ? Les invités déplorent le manque de visibilité des femmes, notamment lesbiennes, mais ne semblent pas assez lucides pour comprendre qu’ils encouragent justement leur effacement. Sur Twitter, InterLGBT, l’association représentée par Fawas, se déclare ainsi favorable au changement d’état civil sur demande :

L’inconscience de cette demande, de cette exigence même, est aberrante. Dans un article du Monde sur le sujet, un militant suggère carrément de supprimer purement et simplement la mention du sexe. Il est urgent de se pencher sur le danger que ces revendications représentent pour les femmes. Si les femmes n’existent plus en tant que classe alors, à terme, la lutte contre les violences qui leur sont faites sera réduite à néant. Les statistiques sociales et la recherche médicale seront faussées. Déjà, au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, les espaces non-mixtes qui protègent les femmes contre les violences masculines, comme les prisons et les refuges pour femmes battues, acceptent des hommes ; au prétexte qu’ils se définissent comme des femmes, bien évidemment en toute bonne foi.

L’année dernière, une étude de Fair Play For Women a démontré que près de la moitié des femmes trans incarcérées au Royaume-Uni ont été condamnées pour des agressions sexuelles et des faits de violence statistiquement masculines. Un article du Times a repris l’étude, présentant des affaires de viol, d’agressions sexuelles et de meurtre commis par des hommes s’identifiant comme des femmes. Sur internet, des femmes recensent des centaines de cas similaires, soulignant une corrélation entre les violences masculines dans leur ensemble et les violences d’hommes s’identifiant comme des femmes. L’article du Times révèle que des professionnels s’inquiètent de la vitesse à laquelle les autorités sont parfois promptes à accepter les assertions des hommes qui prétendent être des femmes, au détriment des femmes elles-mêmes, qui sont les premières victimes des violences masculines.

La position du mouvement transgenre sur le sexe et la définition de la femme est profondément régressive et menace le combat féministe. Les conséquences de leurs revendications, parmi elles celle de pouvoir changer leur sexe selon un principe égocentrique d’« autodétermination » voire carrément de supprimer toute mention de sexe, posent un danger considérable pour les femmes. Ces questions doivent être débattues publiquement au lieu d’être systématiquement décrites comme transphobes ou relevant du fascisme et de l’extrême-droite.